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Lundi 21 juillet 2008

 

Que vient donc faire Monsieur Babu au bord de la mer ? Il ne sait pas nagé n'aime pas le plein soleil qui lui fait mal aux yeux, rougeoient son front et son nez. Vous ne le verrez pas en maillot de bain, ne soyez pas dessus, il aurait été indécent de montrer sa poitrine velue et rebondit comme celle d'une femme et ses fesses flaquent. Il reste en chemisette à déambuler sur la promenade qui borde la plage, avec son chien, car Clébard est interdit de séjour sur la plage. Monsieur Babu n'enfreint jamais la loi.

Il descend à l'hôtel « Le beau rivage » un trois étoiles, Monsieur Babu aime bien son confort. La chambre est quelconque et le service passable. Il ne parle à personne. Monsieur Babu.

s'assoit sur un banc en face de la mer, lit son journal, les affaires du monde ne le préoccupent pas plus que ça, mais ça l'occupe. Monsieur Babu n'aime pas qu'une autre personne s'assoie à ses côtés. Une dame de l'age de monsieur Babu ose. Elle commence pas flatter la tête à Clébard, disant qu'elle aime aussi les chiens, Monsieur Babu pense que son Clébard pourrait mordre les inconnues qui osent ce genre de geste incongru.  Puis la bonne femme parle du temps mitigé aujourd'hui, quelque nuage rendait la mer houleuse « c'est bientôt les grandes marées » se risque Monsieur Babu qui n'aime pas se faire draguer. Il part sans dire au revoir à la dame vers un banc où il sera plus tranquille, il préfère apercevoir les jeunes filles aux seins nues se faire dorer sur la plage.

Il regarde aussi les petits voiliers qui dansent sur l'océan, cela lui donne des envies de voyage. Monsieur Babu rêve-t-il ? On croit que monsieur Babu s'ennuie, mais non, promener son chien suffit à son bonheur.

Un soir, Monsieur Babu, décida de faire un extra, après tout il est en vacances, il se paye le restaurant mange des huîtres, puis fit un tour au casino, ou il regarde des machines à soues, il s'y risque mise 10 euros qu'il perd aussi tôt. On ne l'y reprendra plus.

Pour se consoler, Monsieur Babu participe à une excursion en bateau, faire le tour d'un phare loin des cotes, jamais monsieur Babu ne vit aussi dangereusement, bien qu'il ne pensa pas que le navire puisse chavirer, il est heureux de retrouver le plancher des vaches

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Vendredi 18 juillet 2008

 

 

Monsieur Babu prend une grande décision, il part en vacances à la mer. Il regarde la carte de France sur son calendrier de la Poste, et pose le doigt au hasard sur Marina les flots au bord de l'Atlantique.  Une chambre d'hôtel avec son billet de train et en route pour la grande aventure. Sa casquette vissée sur la tête, et sa petite valise qui sent bon les années soixante, avec son chien qu'il tire en laisse, il prend le taxi pour la gare. Il avait peur de manquer son train et arrive avec une demi-heure d'avance. Le convoi est annoncé avec un quart d'heure de retard. Enfin, il se met à quai. Fébrilement, il monte son chien effrayé, pas habitué à temps de remue-ménage.  Il s'installe dans le train corail, se retrouve coincé près d'une jeune fille aux décolletés plongeants et embarrassés d'un sac à dos encombrant. Elle donne une caresse à Clébard IV, puis s'endort en écoutant de la musique sur son portable. Babu n'ose pas la déranger pour aller faire pipi, il se retient pendant une bonne partie du voyage. Heureusement, elle descend à Angoulême, il peut enfin se rendre aux toilettes et aller au bar s'acheter un délicieux sandwich jambon beurre, sans beurre. Il regarde d'un œil distrait défiler le paysage puis s'endort. Il sursaute à l'énoncer de la prochaine gare d'arrêt. Il lui semble que plus il s'approche, puis les arrêts sont fréquents. Monsieur Babu ne peut pas rater la gare de Marina les flots. C'est le terminus.

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Jeudi 3 juillet 2008

 

Monsieur Babu habite en ville, n'importe son nom, du moment qu'il y a un trottoir pour y promener son chien. Il loge en locataire dans un immeuble en pierres de taille, tenu par la gardienne madame Nunuche, qui le protège de tous les nuisants : jeunes, gens de couleur et démarcheurs de toutes sortes. Il vit sa vie secrète dans un deux-pièces cuisine des plus banal. Il a même un congélateur et un micro-ondes. Monsieur Babu ne reçoit personne, seule une femme de ménage prêter par la mairie rentre une matinée par semaine, le jeudi, une heure pour passer l'aspirateur épousseter les meubles et décaper les sanitaires. Monsieur Babu est méfiant, car bien souvent c'est une Africaine d'un noir d'ébène, d'on il ne retient jamais le non compliqué. Il  suit cette personne de pièce en pièce, bien qu'il n'a pas le moindre  bibelot à voler. Il lui dit bonjour quand elle arrive, s'énerve parfois, lorsqu'elle a deux minutes de retard sur l'horaire prévu, et lui dit merci et au revoir, quand, son service terminé, elle s'en va. Il est poli, monsieur Babu !

On l'imagine passer ses soirées devant sa télé, regarde les variétés. Il n'y a pas un livre chez monsieur Babu. Il ne s'encombre aucun souvenir, aucune photo sur le buffet ne signale le moindre passé. La femme de ménage que j'ai interrogé est formelle, il n'y a rien d'autre que son lit, son armoire avec une petite glace dans la chambre. Une table et un buffet et une vieille télé dans le séjour tapissé d'un papier peint a fleurs mauve jaunie. Il n'y a pas de fantaisie chez Monsieur Babu.

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Mardi 1 juillet 2008

 

 

La seule occasion où Monsieur Babu sort sans son chien, c'est pour se rendre à la supérette avec son cadis à roulette.  Il choisit toujours les mêmes marques de surgelés, et des biftecks en cellophanes dans des barquettes. Il a sa caissière préférée, une petite beurette bien polie. Monsieur Babu n'est pas raciste, il se dit que ce n'est pas de sa faute si elle est née comme ça. Elle lui dit bonjours, merci et bonne journée. Il se demande si ce sont les seuls mots qu'elle connaît, il n'a jamais pu aller plus loin dans la conversation. La petite beurette le regarde avec des yeux de braise.« Sa fait vingt euros et cinquante et un centime lui dit-elle, il admire sa rapidité à prendre et engloutir son argent dans la caisse.

Que mange monsieur Babu ? Comme tout le monde, des surgelés, du pain, du fromage et une bouteille de vin rouge premier prix, « un Roussillon » Il ne fait pas de folie dans les dépenses Monsieur Babu, il est sobre, un verre de vin à chaque repas lui suffit. Même s'il vit seul, Babu met son couvert, se coupe une tranche de pain, fait cuire son bifteck, ou un plat dans le micro-ondes. Faut bien qu'il se débrouille, dans sa solitude. Il n'est pas rosse avec son chien, il lui donne un petit morceau à déguster en plus de sa gamelle. Rien que par ce geste, il se croit bon Monsieur Babu, alors qu'il n'a jamais donné la moindre pièce au pauvre qui fait la manche dans sa rue.

 

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Dimanche 22 juin 2008

 

Monsieur Babu, n'a ni passé ni avenir, il ne pense et vie qu'au présent. Ne demandez pas à monsieur Babu sa profession, de quoi il vit, et si dans des temps très anciens il a connu une femme. A-t-il été marié ? A-t-il des enfants ? Nul ne le sait. Monsieur Babu ne connaît ni amour ni descendance. Il y a bien assez d'un monsieur Babu, qui promène son chien, la casquette grise fixée sur la tête, l'humanité ne se relèverait pas d'avoir deux monsieur Babu !

On ne connaît qu'un loisir à Monsieur Babu, c'est de promener son chien, il doit avoir une télé chez lui, J'imagine qu'il regarde « Des chiffre et des lettres » et « Comme un champion » ça l'amuse de répondre avant les candidats. Si non rien ne l'intéresse, même pas les films de De Funeste, peut-être Fernandel ? Monsieur Babu ne ri pas, rien ne l'amuse. Il est sérieux Monsieur Babu.

 

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Vendredi 30 mai 2008

 

 

Quand vous rencontrez Monsieur Babu et que vous lui demandez comment il va, il vous répond immanquablement en soupirant : « Comme un lundi... » si on est un lundi, ou « comme un mardi ! » si on est ce jour-là... Idem pour les autres jours de la semaine. C'est pratique, pour la mère Nunuche, la gardienne d'immeuble, si elle ne se rappelle plus quel jour on est, il suffit qu'elle demande à monsieur Babu « comment allez-vous ? » et il répond : « Comme un... »

- Ah ! on est jeudi aujourd'hui ? Merci monsieur Babu ! Réponds la mère Nunuche, dans la cour d'immeuble.

Le vendredi ça change en un « vivement le week-end ! »

C'est vrai qu'il a toujours l'air fatigué Monsieur Babu, les traits tirés, la mine de papier marché, avec un soupire avant d'entreprendre le moindre geste de la vie quotidienne comme enfiler ses chaussettes, ou approcher sa cuillère à soupe à sa bouche.

Il se promène sur les trottoirs de la ville avec son chien, Clébard IV, bien que tenu en laisse, marche derrière, la tête basse, aussi fatigué que son maître. On ne sait pas qui entraîne l'autre. Le chien prend le moindre prétexte pour renifler longtemps, une odeur imaginaire, quand à Babu, il reste immobile à l'attendre, lisant son journal (en soupirant bien sûr).

Personne ne comprend ce qui fatigue autant monsieur Babu, ne croyez pas qu'il soit vieux, enfin pas trop, mais c'est bien connu, la fatigue, ça vieilli. Il n'a pas de lourde tâche, n'a pas de soucis insurmontables. Mais il se traîne comme un lundi, ne sachant que faire de sa flemme, allant où son chien le conduit, s'asseyant sur un banc de squares, et ça lui prend sa journée. Comment voulez-vous qu'il travaillât ? Tout le monde le sait le travail, ça fatigue, même Monsieur Babu !

 

 

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Vendredi 30 mai 2008

Monsieur Babu a toujours le même, chien, un jaune plus ou moins caniche. Ils ne vivent pas longtemps. Lorsqu'un Clèbard meurt, Monsieur Babu ne pleure pas pour si peu, il en trouve un autre à la SPA, ou il est bien reçu, car, il est un des rares à demander un vieux chien, qui n'est plus adoptable. Monsieur Babu a horreur de la jeunesse turbulente, que ce soit canin ou humain. Il revient avec un nouveau chien, personne ne voit la différence avec l'ancien. Mais qui fait attention à monsieur Babu, piéton anonyme qui arpente le bitume de sa ville lorsqu'il promène son Clébard ? Donc, il les appelle tous du même nom, il est à Clébard IV ! comme le temps passe soupire monsieur Babu. Ne le croyez pas égoïste, Monsieur Babu aime son chien, c'est son seul compagnon, le seul qui dépend de son bon vouloir, avec qui il a des liens d'amitié, qui dit merci lorsqu'il lui sert sa pâtée, et qui abois lorsqu'un inconnu monte les escaliers de son immeuble à voisins multiple. Mais il n'y a que le facteur qui frappe à sa porte, personne ne rentre chez Monsieur Babu.

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Mercredi 28 mai 2008

 

 

Monsieur Babu sort son chien tous les matins à huit heures trente-quatre, ce matin il est contrarié, car il est en retard.

Il est déjà huit heures trente-six, faut rattraper le temps perdu, il tire Clébard IV, son vieux chien qui ne l'entend pas ainsi. Il veut sentir le coin de la porte d'entrée, puis lever impérativement la patte sur la bouche d'incendie.

Tous les matins Monsieur Babu fait le même tour, il monte la rue Sans-nom, puis décent par la rue de L'audela, se noie dans ses pensées rue Alaut, et s'arrête rue de la Culture achetée son journal, « Les nouvelles déréglées ». Le marchand de journaux, un jeune d'une quarantaine d'années avec des moustaches rousses, lui dit : «  Bonjour Monsieur Bedu, qu'est-ce qu'il vous faut ? »

- Le journal répond Badu, qui a horreur qu'on décroche son joli nom j'ai bien ma monnaie ce matin, il ne fait pas chaud.

Il parlerait bien plus longtemps avec, mais il y a toujours un client casse-pieds qui le pousse pour acheter je ne sais quoi, qui l'empêche de continuer la conversation. Mais ce matin, comme Monsieur Badu est en retard, il ne s'attarde pas devant le marchant, prend son journal, le pli sous son bras sans même lire le gros titre à la une. À grande enjambée, tout en tirant son chien, rattrape son retard. Car tous les matins, Monsieur Bedu à un rendez-vous amoureux, à huit heures cinquante il doit se trouver devant la fenêtre de madame Lesage, rue du Monte-en-l'air, pour apercevoir, à travers les persiennes closes, cette dame encore jeune pas encore vieille, sortir de sa salle de bain toute nue pour aller dans sa chambre. L'apparition ne dure qu'une seconde, mais il ne s'en lasse pas. Elle apparaît furtive, puis plus rien. Il lui arrive de la croiser au hasard de ses sorties, il l'ignore, même pas un salut. C'est comme ça, Monsieur Bedu est un grand timide, qui n'ose pas déclarer sa flamme à une dame aussi isolée que lui. Et ce matin il est en retard il risque de manquer l'apparition.

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Mercredi 28 mai 2008

Ce matin-là, Monsieur Babu ne peut enfiler ses chaussettes qui invariablement lui glissent des mains. Monsieur Babu a deux pieds qui doivent recevoir chacun la sienne. La droite et la gauche sans jalousie.

Après mille contorsions, pour les mettre à leur vraie place pour la journée, monsieur Babu, voulut se laver les dents, il aime bien avoir l'haleine fraîche pour sortir. Au moment de brandir son tube à dentifrice, il constate que celui-ci est vide, le tube entortillé sur lui-même rien n'en sortira plus. Il l'avait pourtant bien noté sur son « pense-bête ». Monsieur Babu a horreur d'oublier quelque chose, comme son savon l'autre jour. Monsieur Babu est propre, il a horreur de sentir.

 

Par J.F. meslin - Publié dans : Monsieur Babu
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Mercredi 14 mai 2008

«

Edition Gallimard

 

 

C'est la biographie d'une femme née en 1940. Elle survole les événements de son siècle par quelques photos, d'abord petite fille des années cinquante à la plage, puis ado des années soixante, et adulte. Son nom nous reste anonyme, ne sont cité que les personnages connus, qui font l'actualité, aux grées des événements politiques, des faits divers et des gens du spectacle, etc.

Génération narcisse qui se mire dans le beau miroir aux alouettes cathodique, qui envoie aux orties les principes moraux et religieux de la génération précédente, qui ne pense qu'à sa propre jouissance. On la suit dans une vie terne, émaillée de ses petits bonheurs égoïstes, toujours à s'admirer dans son beau miroir, tendit que les événements du monde défilent sur le petit écran, sitôt vu, sitôt oubliés.

On sent dans tout le livre l'engrenage de la consommation effréné des années soixante à nos jours. Avec le progrès qui impose de nouveaux produits, pas toujours utiles, et conduiront comme une longue glissade, à la situation actuelle de pénurie énergétique, de catastrophe écologique, et de changement climatique.

 

 Annie Ernaux nous raconte cette vie banale de femme qui se libère des carcans moraux de la génération précédente, mais en est-elle plus heureuse ? Dans un style fluide, on ne lâche pas facilement le livre sans chapitre pour interrompre la narration.

Je le conseille aux trentenaires, quartenaires et autre, qui auront là une meilleure perception de cette génération que tous les livres qui sortent actuellement sur mai 68.

Par J.F. meslin
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