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Mardi 19 décembre 2006
 
 
Quand vous rencontriez Monsieur Bidule et que vous lui demandiez comment il allait, il vous répondait immanquablement en soupirant : « Comme un lundi… » si on était un lundi ou « comme un mardi ! » si on était ce jour-là… Idem pour les autre jour de la semaine ! C’était pratique, pour la mère Caly la concierge, si elle ne se rappelait plus quel jour on était, il suffisait qu’elle demande à monsieur Bidule « comment allez-vous ? » et il répondait : « Comme un… »
— Ah ! on est jeudi aujourd’hui ? Merci monsieur bidule ! Répondait la concierge en rentrant dans sa loge.
Ce n’était que le vendredi que ça changeait en un « vivement le week-end ! »
C’est vrai qu’il avait toujours l’air fatigué Monsieur Bidule, les trait tirés, la mine de papier marché, toujours un soupire avant de faire le moindre geste de la vie quotidienne comme enfiler ses chaussettes, ou approcher sa cuillère à soupe à sa bouche.
Il se promenait sur les trottoirs de la ville avec son chien, bien que tenu en laisse, marchait derrière, la tête basse, aussi fatigué que son maître. On ne savait plus qui traînait l’autre. Lui en traînant les pieds, l’autre prenait le moindre prétexte pour renifler longtemps, une odeur imaginaire, quand Bidule restait immobile, lisait les journaux (en soupirant bien sûr) devant la devanture de la librairie.
Personne ne savait ce qui fatiguait autant monsieur Bidule, ne croyez pas qu’il était vieux, enfin pas trop, mais c’est bien connu, la fatigue, ça vieilli. Alors, il se traînait comme un lundi, ne sachant que faire de sa flemme, allant ou son chien le conduisait, s’asseyait sur tous les bancs de squares, et ça lui prenait sa journée. Comment voulez-vous qu’il travailla ? Tout le monde le sait le travail, ça fatigue !
 
J.F. Qui l’a écrit un lundi, et relu un mardi… Et s'il reste des fautes c’est fatigant de les corriger ;-)
Par J.F. meslin - Publié dans : textes court
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Mercredi 29 novembre 2006
 
 
Un jour j’irai chez toi, déguisé en blonde,
Je porterai un décolleté à la Lucifer,
Tu seras damné comme un saint,
Quand je dévoilerais mon sein.
 
Un jour j’irai chez toi en chantant,
Des ritournelles à faire rougir les petits filles,
Tu pourras toujours te boucher les oreilles
Tu entendras les paroles qui te poursuivront,
Jusque dans ta tombe mon amour.
 
Un jour j’irai chez toi, quand j’aurai cent ans,
Tu ne seras plus parler, tu ne seras plus me dire,
Tous ces mots d’amours que tu mentais,
En l’age de tes vingt ans,
Et moi j’y croyais… J’y croyais.
 
J.F. Meslin
 
 
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Samedi 25 novembre 2006
 
 
 
 
 
Il vola sans sa permission, ses moustaches à la souris,
La chouette lui apporta ses yeux de nuit.
Mais l’oiseau refusa obstinément, de lui donner ses ailes,
Il ne voulait pas se faire croquer.
Le chien par contre, accepta de lui prêter son odora.
En échange ils se promirent de partager,  
Le gîte et le couvert chez l’humain.
Ayant besoin de grandes oreilles, l’animal,
Pour tout entendre, sans dérangement,
La fouine lui apporta ses pavillons pointus,
Qui lui amènent de loin, les cris les plus aigus.
Des griffes pour se défendre,
Comme son cousin le lion, rêva-t-il.
Je veux bien mais à une condition,
Qu’elles se rétractent afin de faire pattes de velours.
Pour la peine, la zibeline donna sa fourrure.
À lui, personne ne la lui dérobera, pour fabriquer des chaperons.
Il n’eut besoin de personne pour inventer le ronronnement.
Voilà un animal indépendant et caressant, se dit l’auteur.
Même noir il ne sort pas de l’enfer.
Le chat est bâti, il peut partir,
Sans état d’âme, il se construira neuf vies,
Sans demander l’aumône, il est trop fier.
Mais taisez-vous il est là !
Il se cache, c’est un pudique.
Il dort à mes côtés, m’a soufflé ces quelques mots.
 
J.F. Meslin
 
 
 
 
Par J.F. meslin - Publié dans : texte illustré
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Samedi 25 novembre 2006

ADCLlit

http://fr.groups.yahoo.com/group/ADCLit/

 

« L'Atelier crée un environnement propice et sain où le travail d'écriture, par nature solitaire, est supporté et partagé dans ses étapes difficiles de gestation et procure aux écrivains débutants comme aux confirmés une plate-forme professionnelle où ils peuvent discuter leurs actions avec leurs pairs. »

 

 

Le premier Atelier d’écriture Virtuel à vue le jour au Québec en 1993, après plusieurs péripéties, il est actuellement la propriété de Richard Mainville, toujours de l’autre coté de l’atlantique, mais aujourd’hui la plus part des participants sont de ce coté de la grande flaque.

 

On rentre là dans une autre dimension c’est plus professionnel, on envoi son texte que les autres colistiers décortiques il faut s’accrocher et accepté les critiques parfois dur pour son texte, mais cela apprend à ce corriger et à progresser. Comme ledit Richard, il faut avoir un projet d’écriture pour y accéder. Ça n’empêche pas la bonne humeur, l’ambiance y est cordiale.

 
Par J.F. meslin - Publié dans : annonce
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Dimanche 19 novembre 2006
 
Le vieux qui aimait les livres.
 
Dans des années soixante, j’avais quatorze ans. Solitaire, en dehors de mes études je n’avais pas d’occupation bien précise. J’habitais chez mes parents dans un immeuble en ville au fond d’une cour sombre qui sentait l’ennui. Nous logions au second étage sans ascenseur.
Un jour, montant les escaliers comme à mon habitude, en sautant les marches deux par deux, je fus freiné dans ma course par un vieux monsieur avec un gros paquet dans les mains. Je le connaissais de vue, et le prenais pour un vieil original.
Il s’arrêta sur le palier essoufflé, il était tout en os, long et maigre, les joues creuses et des yeux délavés des vieillards.
— Je vous laisse passer, jeune homme, me dit-il. J’ai encore deux étages et les livres sont durs à porter à mon âge.
Je lui proposai de l’aider et pris d’office son paquet. Et montai deux étages plus haut que le mien.
Je l’attendis sur le palier, il montait, haletant, la sueur perlant sur son front dégarni.
    Vous aimez les livres ? me demanda-t-il, tournant sa clef dans la serrure…
J’avais toujours le gros paquet à la main, et sans réfléchir je le suivis dans le corridor sombre de son appartement.
    Venez jeune homme, posez-les là, doucement, c’est fragile des livres.
Et là j’eus un choc !...
La suite sur le site Entre-Nous :
 
Par J.F. meslin - Publié dans : annonce
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Samedi 18 novembre 2006
Tu as de drôles de mœurs,
A st’heure.
Tu cours à toute vapeur,
En sueurs.
Quand deviendras-tu acteur ?
Petit menteur.
Dans la cité dont tu es le meneur,
Casseur.
Tu n’as pas de censeur,
Tu as la peur.
Tu brûle les valeurs,
Stupeur.
Faisant fois aux rumeurs.
Tu meurs.
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Dimanche 10 septembre 2006
 
Ce n’est pas dimanche aujourd’hui,
Tu ne sortiras pas de ta soupente,
Tu n’iras pas au bord de la Loire,
Te promener le long de la berge,
Regarder les bateaux passer.
 
Ce n’est pas dimanche aujourd’hui,
Tu te contenteras d’une omelette,
Tu regarderas un feuilleton à la télé,
Où tu regarderas par ta fenêtre,
Les passants qui courent sous la pluie.
 
Comme tu t’ennuies de ta vie,
Tu te fabriques toute une histoire,
En regardant par la fenêtre,
L’immeuble en face du tien,
La fille qui apparaît nue à sa fenêtre, le soir.
 
En regardant par ta fenêtre,
Tu te demandes parfois,
Pourquoi attendre dimanche,
Pour te promener au bord de la Loire,
Regarder les bateaux passer…
 
J.F. Meslin
Septembre 06
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Lundi 14 août 2006
 
Petite rue creuse,
Qui serpente entre deux murs.
Un arbre s’en évade, offre son ombre.
 
Petite rue grise,
Qui cherche un passage,
Au soleil de la ville.
 
Petite rue perdue,
Au fin fond d’un bourg.
Personne ne connaît plus son nom.
Petite rue oubliée,
De ses pavés défoncés,
L’herbe grasse s’en échappe.
Même le cantonnier la délaisse.
 
Petite rue déserte,
Seule une petite vieille la monte encore.
Elle se souvient, quand jeune et alerte,
Elle courait et chantait, au bras de son fiancé,
En un 14 juillet tricolore.
Bleu blanc rouge, donnait des couleurs au décor.
Petite rue creuse.
Oublié dans le souvenir de l’enfance.
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Mardi 8 août 2006
 
 
Le vendredi 13 le chat noir,
Se cache du mauvais pressage,
Qui se lira sur sont passage,
On le chassera, on le passera à tabac,
En enfer, on le condamnera.
 
Le vendredi 13 le chat noir,
Miaule sa peur.
 Il ne croit pas au mauvais sort,
Qui fait sortir le loup du bois,
Et font s’envoler les sorcières,
Qui le chasse d’un coup de ballet.
 
Le vendredi 13 le chat noir,
Se cache dans un trou avec les souris,
La conscience tranquille il se dit,
Demain sera un autre jours,
Et je porterai à nouveau chance en amour.
Je gagnerai le gros lot.
Je serais le roi…
Le roi des chats noirs.
 
J.F. Meslin
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Mercredi 21 juin 2006
 
 
 
Le petit galet
 
Je sortis de l’océan, naïf et nu. Sans tache, innocent comme au jour de ma naissance. Les vagues me roulèrent sur le rivage, parmi des milliers d’autres moi-mêmes, ni plus beaux, ni plus gros, tous semblables.
 
 Je ne sais pour quelle raison, une main me choisit, moi, galet parmi les galets, me retira de mon milieu naturel. J’atterris dans un panier d’osier. Je n’ai pas pleuré la perte de ma plage natale, car d’anonyme je devins une chose unique qu’une longue main féminine caressait. Elle me plaça sur une table, je servais de presse papier. Je crois que je m’acquittai honnêtement de ma tache, retenant les feuilles volages, toujours prêtes à suivre la direction du vent.
Parfois elle laissait son stylo en suspend sur sa feuille d’écriture, elle me regardait, perdue dans ses pensées, me parlait doucement, me caressait parfois et me donna même, un jour, un baiser d’amour.
 
— Crois-tu petit galet qu’il faut que je conte les histoires que j’invente et qui sont là dans ma tête ? Heureusement que tu es là, tu retiens mes idées.
 
Un jour pourtant elle se fâcha contre moi, parce qu’un courant d’air avait dispersé quelques feuillets de ses écrits. Ce n’est pas ma faute, elle ne m’avait pas placé à l’endroit habituel. Puis la confiance revint, je ne lâchais plus ses écrits, encore plus sévère dans ma mission.
 
Lorsqu’une petite main m’ôta de cette place, mon destin bascula et commença mes heures sombres. J’appris à mes dépens que le bonheur n’est jamais acquis. Il me roula à terre avec ses pieds et je glissai me cacher sous un meuble. Au début, je pensais que la main aimante me retrouverait et me replacerait là où elle m’aimait. Mais jamais elle ne revint, elle m’oublia sous le meuble. J’y restai longtemps perdu, dans la poussière.
Un jour, je revis la lumière car le meuble sous lequel j’étais caché fût enlevé. Je crus que je retrouverais mon poste sur le bureau, mais tout avait disparu, je restais seul dans la pièce vide. Puis des inconnus arrivèrent, me prirent sans ménagement et me jetèrent dans le ruisseau. Je crus que le courant me ramènerait à mon océan natal. Il n’en fut rien. Une main rugueuse, qui n’avait rien à voir avec celle de mon amour perdu, me souleva et me lança contre une vitrine de magasin. Une bijouterie je crois, où habitaient les pierres dites précieuses. Moi le simple galet roturier, je me demandais pourquoi j’avais atterri à cet endroit, parmi les diamants, les saphirs et autres pierres de nobles extractions ?
Sans doute, refusant toute promiscuité avec un caillou sans valeur, ils disparurent immédiatement, me laissant seul dans la vitrine.
 
Je n’y restai pas longtemps, je n’y avais pas ma place, une main gantée me souleva et m’observa de près, en disant que j’étais une pièce à conviction, je me retrouvai dans un sac. J’en ressortis devant un tribunal. C’était très impressionnant. Tout le monde me regardait et m’accusait d’avoir brisé la vitrine.
 
— Non monsieur le Juge, ce n’est pas ma faute si on m’a lancé là, ce n’est pas moi le coupable, je n’en suis que l’instrument.
 
Rien n’y fit, en tant que pièce à conviction, je fus condamné à rester enfermé à perpétuité dans une boite en carton dans les archives de la police.
 
 
J.F. Meslin
  Juin 06
 
 
Par J.F. meslin - Publié dans : textes court
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