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Lundi 29 mai 2006
 
 
 
Partir,
Partir au loin,
Là où je pourrais vivre un peu.
Sans connaître ma destination,
Là au bout de l’horizon,
Là où finissent les mondes.
 
Fuir,
Le gris des jours d’ennui.
Le décor des villes de banlieues,
Sans âme, sans espoir.
 
Fuir,
Les soirées lugubres,
Les petits matins frileux,
Plus de brouillard,
Plus de givre, plus d’hiver.
 
Partir,
Sans esprit de retour,
Là où nul ne me reconnaîtra,
Là où personne ne me dictera plus sa loi.
Où vivre nu ne sera plus un péché.
Où le soleil me réchauffera le corps et le cœur.
Où il n’y aura plus de peur, plus de pleurs.
 
(c)J.F. Meslin
 
 
 
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Jeudi 18 mai 2006
Coucou dans le cou,
Baiser volé du coup,
Il ne sait plus, tant le courroux,
De la cousette, fut d’un coup,
Mal apprécié, la suite du parcours,
Il ne fera plus ah coucou, sans discours.
Et attendra le chant du coucou.
Pour aller butiner dans les cours,
De jeunes damoiselles, à si tendre cou.
 
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Mardi 2 mai 2006
 
Confusion
 
Il me semble que je sors d’un long sommeil. Je suis encore couché, étonné de ne pas avoir entendu mon radio-réveil censé me sortir du lit, comme tous les jours à six heures trente. Je vais être en retard, ce n’est pas le moment de flemmarder au lit. Le travail m’attend. Un rendez-vous avec un client pour un projet publicitaire. Le comptable de la société qui souhaite me rencontrer, je sais d’avance qu’il me dira : « On est dans le rouge ! » Et cette petite sotte de secrétaire qui me demande une augmentation. Je dois aussi passer à la banque pour régler cette histoire de prêt immobilier, puis aller à l’école de ma fille, elle n’a pas des résultats terribles ce trimestre. Et penser à louer une maison à la mer pour les vacances… et… et… Ah oui, la voiture à récupérer au garage.
 
J’ai mal partout, j’essaie de me redresser afin de me lever et d’aller dans la salle de bain. Parfois, une bonne douche soulage les douleurs de la nuit. Mes hanches me font souffrir, je me sens étourdi, poitrine oppressée. Avec difficulté je sors enfin des draps. J’essaie de me mettre debout, mes jambes refusent de me soutenir.
Je reste assis au bord du lit, incrédule. Dans la pénombre je ne reconnais pas mon décor habituel… Où sont mes livres ? Mon bureau avec mon ordinateur ? Le radio-réveil à disparu aussi, ça ne m’étonne pas que je sois en retard. Je regarde le lit où devrait dormir mon épouse, elle n’est plus là, pourquoi ne m’a-t-elle pas réveillé en se levant ? Je l’appelle « Louise ? Louise ?» Elle ne répond pas. Et ce n’est plus mon lit, on dirait un lit d’hôpital, et cette chambre ? Je ne suis plus chez moi ! Où suis-je ? Pourquoi je me retrouve là, dans cet endroit inconnu ? Je ne me souviens pas d’avoir eu un malaise qui m’aurait conduit à l’hôpital ! Qu’est-ce que j’ai fait hier ? Hier… C’était quand hier ? Je n’ai pas été travailler ? Non c’était dimanche. Alors j’ai fait mes deux heures de vélo le matin avec le petit groupe de cyclo, comme nous avons l’habitude, les dimanches matin lorsque arrivent les beaux jours. A la maison ma femme prépare le repas, elle sait que le vélo ça creuse l’appétit. C’est sûrement pour cette raison que j’ai mal aux jambes ce matin…
Non ce n’est pas ça… Marion faisait sa communion. Toute la famille est venue déjeuner dans notre pavillon, comme il faisait beau nous avons pris l’apéritif dans le jardin… Oncle Henri a chanté une chanson à faire rougir les communiantes… Tout le monde a ri.
Non. Hier, c’était mardi… Ou peut-être mercredi, oui ça me revient, la petite avait invité ses copines pour goûter… Mais non elle nous a présenté mon futur gendre… C’est ça, maintenant je me souviens ! Il s’appelle comment déjà ? Ah oui Sébastien, ils m’ont donné deux petits-fils je crois… Alors je serais grand-père ? Mais non j’ai trente ans, demain je me marie avec Louise, je dois me préparer, aller chez le coiffeur, chercher mon costume chez le tailleur… Pas le moment d’être malade !
 
Tiens, maintenant, il fait nuit. Plus de lueur du jour à travers les rideaux de la chambre. Je n’avais pas remarqué que Louise avait changé le voilage, j’aimais mieux les anciens à fleurs, ils étaient plus jolis que ceux-là, gris et ternes. Mais où est Louise ? Ce n’est pas hier qu’on s’est mariés ? Elle était jeune et fraîche dans sa robe blanche, on faisait l’amour tous les soirs… Il y a longtemps que je n’ai pas fait l’amour ! Tout ce dont je me souviens : une jeune femme vient me rendre visite de temps en temps. Je l’appelle Louise, elle me répond qu’elle est ma fille « Je suis Marion » dit-elle.
Non, ce n’est pas possible, c’est une adulte ! Elle ressemble trop à Louise pour que je me trompe.
 Pourquoi je vois ce cercueil quand je pense à mon épouse ?
Il faut que je me lève… En m’appuyant au mur, j’ai réussi à faire deux pas, j’ouvre la porte, je me retrouve avec surprise dans un long couloir désert à la lumière crue et à la peinture laquée blanche. Je suis ébloui, je ne suis plus chez moi, où suis-je ? Dans une prison ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Non je n’ai pas tué Louise, elle est tombée toute seule du balcon, je le jure ! La police l’a reconnu ! « Louise, Louise, viens leur dire ! »
 Mes jambes flageolent, je tombe à plat sur le sol glacé, j’ai peur de mourir là, seul, dans ce couloir froid comme la mort.
 
Je sens des mains féminines me relever : elles sont deux, c’est ma femme et ma fille ? Je ne reconnais pas leurs voix, je ne comprends pas, que disent-elles ?
_ Ce n’est pas l’heure de la promenade, il est deux heures du matin, il faut dormir.
En passant devant un miroir, j’aperçois un vieillard soutenu par deux infirmières en blouse blanche.
Non ce n’est pas moi !
 
J.F. Meslin
Par J.F. meslin - Publié dans : textes court
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Vendredi 7 avril 2006
Prêt à s’envoler, l’oiseau se débattait encore,
lorsqu’il fut figer par un mauvais sort,
en écorce pour l’éternité.
 à moins qu’une princesse, qui passera par là,
 le change par un baiser, en prince charment.
Par J.F. meslin - Publié dans : texte illustré
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Vendredi 7 avril 2006
Les troncs s’élancent sur un tapis de fleurs éphémères
Les jonquilles annoncent le printemps.
Quand ils auront dit leurs messages,
Elles disparaîtront jusqu’au printemps prochain.
 
 
Par J.F. meslin - Publié dans : texte illustré
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Vendredi 7 avril 2006

Un insecte géant rampe sous les sous bois.

Comme un crabe il prend la posture.

Les chiens abois, les biches courent

Il ne fera pas peur aux Fourmies,

Qui dessous feront leur demeure. Pour les protéger     il restera immobile.

 

 

 

 

Par J.F. meslin - Publié dans : texte illustré
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Samedi 18 mars 2006

L

L
Libre comme l’air,
Droit dans sa ligne,
Il surf sur les alizés,
D’iles en iles,
Libère ses auvents.
Le voilier de légende
Vogue au gré des vents.
Perdu parmi les lagons,
Laboure l’écume,
L’éternité est son destin.
La lente érosion,
Consume le galion.
Dans son linceul il reposera,
Sur un lit de corail,
Loin de toute terre,
Pour l’éternité.
 
 
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Dimanche 5 mars 2006
Eh monsieur Gaston ou courez-vous avec votre fusil ?
Si je me trompe, la chasse est fermée aujourd’hui.
Faut laisser les canards se reproduire, et les lapins aussi.
 
Bonjour, madame Hortense, je ne vais point à la chasse au canard,
Encore moins à la chasse au lapin.
Je vais tirer les vilains chats qui divaguent en notre pays.
 
Eh monsieur Gaston, sont gentils les chats,
Ils vous attrapent les souris,
Et ronronnent sur nos genoux,
Le soir à la veillée au coin du feu.
 
Mais madame Hortense, j’ai entendu oui dire,
Qu’ils répandaient un méchant virus,
Qui pourrait être dangereux pour nous les humains.
Le comprenez-vous madame Hortense ?
 
Je le comprends Monsieur Gaston,
Mais dite moi si vous passez votre grippe à autrui,
Est-ce qu'on vous tirera comme un lapin ?
Pour si peu ? Pour si peu ?
 
Excusez-moi, madame Hortense, si je vous contrarie,
Les chats sont de méchant vauriens,
Qui ne pensent qu’à dormir sur notre dos,
Ils griffent, mangent les oiseaux.
Ils se sauvent quand ils me voient,
Ils ont peur de ma grosse voix.
Ils ont peur de mon fusil aussi.
 
Mais monsieur Gaston, faut les approcher sans instrument,
Leur parler doucement, les caresser là où il le faut.
Et vous verrez les chats,
Ronronneront sur vos genoux,
Le soir à la veillée au coin du feu.
 
Si je comprends bien madame Hortense,
Si je m’approche de vous sans instrument,
Vous ronronnerez sur mes genoux,
Comme une chatte le soir au coin du feu ?
 
Mais bien sûr Monsieur Gaston,
Laissez là votre méchant fusil,
Laissez aussi les chats en paix,
Rentrez donc dans ma maison,
 Il y a du feu dans la cheminée,
Venez ronronner… Mon gros matou…
Venez ronronner…
Avec votre autre instrument…
 
©J.F. Meslin
Par J.F. meslin - Publié dans : poèmes
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Samedi 4 mars 2006

 

 

 Du petit jour jusqu’au soir, entre chien et loup, chaque jour je surveille sur le quai de la gare, les trains qui déversent leurs voyageurs Rien ni personne ne me feront changer d'avis, je dois savoir si "il" est là, si "il" revient me chercher, car c'est là qu'il m'a déposé, pour une raison que j'ignore. Mais je respecte son ordre.  L'été, l'automne sont passés c'est l'hiver, je ne sens pas le froid, je l'attends !

 

 

 

 

Des braves gens m’apportent de la nourriture, le chef de gare me donne une place pour dormir la nuit dans la salle d'attente, quand le dernier train est parti. Je n'ai qu'une vieille couverture, pour réchauffer mes vieux os. Rien n'a d'importance je dois rester là qu'il me trouve quand il reviendra me chercher, je l'attends !

 

 

 

 

Je guettes, je cours, à chaque arrêt de train, je regarde, je sens les voyageurs qui descendent, je m'attends toujours à le revoir apparaître, et qu'il me disent "Viens, nous rentrons à la maison." Je l’attends !

 

 

 

 

Les braves gens me disent que je perds mon temps, je devrais l'oublier allez vivre chez eux. Le chef de gare dit qu’à l'occasion je lui rends service comme gardien. Mais non, je refuse toutes les propositions qui me détacherait de cet endroit, qui me détacherait de mon maître. Je l'attends !

 

 

 

 

Ils me disent un mot que je ne comprends pas, qui n'existe pas dans mon langage de chien Abandonner qu’est-ce que cela veut-il dire ?

 

 

Je l'attends !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par J.F. meslin - Publié dans : textes court
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Samedi 21 janvier 2006
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
C’est quoi un arbre ? Un tronc qui s’enracine dans la terre, quelques branches qui partent dans tous les sens, essai de monter droit vers le ciel. Mais il faut être un saint pour s’élever directement vers les cieux. L’arbre n’est qu’un pêcheur, ses branches noueuses prennent des chemins de traverses, à droite à gauche. Pourtant il arrive quand même à grimper vers des hauteurs ou seuls les oiseaux peuvent habiter.
 
L’arbre n’a pas qu’une parure, il connaît plusieurs couleurs. Je ne parle pas du conservateur sapin habillé de vert, été comme hiver. Non le vrai de vrai feuillu qui de vert tendre du printemps, se change en vert sombre l’été avant de devenir couleur d’or en automne, et noir en hiver pour mieux se découper dans la blancheur neigeuse.
 
L’arbre n’aime pas la solitude, le nombre fait sa force il devient forêt. Il sait qu’il est un et multiple. Il cache des légendes de lutin, de loup-garou, et d’amours défendus. Il aime les amants d’un jour qui gravent des serments éternels qu’ils oublieront le lendemain. Mais l’arbre gardera à jamais leur mémoire dans son écorce.
 
L’arbre plie sous la tempête, résiste, se bat avec ses branches qui s’agitent dans tous les sens, on dirait qu’il brasse l’air pour se défendre. Bataille de titan entre lui et le vent, dont il sort souvent vainqueur. S’il tombe, il vit encore, il deviendra meuble, maison, pâte à papier, feu de cheminée où cercueil. L’arbre est éternel, il nous enterrera tous.
 
Par J.F. meslin - Publié dans : textes court
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