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Vendredi 26 décembre 2008

 

 

 

 

 

Dans « Le désespoir des singes » (éditions Robert Laffont) Françoise Hardy nous raconte l’envers du décor. Comment vit une des chanteuses les plus connues de son époque lorsque les micros sont coupés et les projecteurs éteints ?

Elle commence par conter son enfance, dans la maison où elle a grandi. Elle est élevée, elle et sa sœur, par une mère seule et fantasme, loin de son père, qu’elle ne connaîtra quasiment pas.

 

Françoise ne s’est jamais prise pour une star. Timide, elle serait même le genre passe-muraille. Quand elle ne chante pas, son activité ressemble à celle de n’importe quel garçon et fille de son âge, fait de courses dans les magasins, cuisine et ménage, élever son enfant… Ne pas oser révéler son nom au téléphone lorsqu’elle sollicite une place pour son fils dans un collège privé, c’est tout elle. S’annoncer comme « la maman de thomas Dutronc » à un prof ébahi, qui l’a évidemment reconnu, le démontre aussi, elle ne sait pas se mettre en avant.

Elle désacralise quelques idoles. Son mari, Jacque Dutronc en prend pour son grade. Elle le décrit comme volage, fêtard, qui rentre bien souvent à l’heure où Paris s’éveille… Quand il rentre ! Par moments, on se demande, si elle n’écrie pas plus tôt la bio de Dutronc ? Elle lui met là, un sacré cactus ! Mais elle nous fait comprendre aussi que sous aucun prétexte, elle ne divorcera.

Elle raconte aussi la descente aux enfers de Serge Gainsbourg, miné par ses excès d’alcool, qu’il en devient insupportable, mais pour elle l’amitié s’est sacrée, ce qui l’amène à beaucoup pardonner.

 

Cette vie d’artiste est déstabilisante, le travail peut être intensif, rester près de 12 heures dans un studio pour répéter une chanson, ou trois mois en déplacement pour tourner un film, puis rester inactif six mois. Dans ses cas d’inactions, Jacques fait des ronds dans l’eau et finit par disparaître rejoindre ses copains ou ses maîtresses.

Elle pose une autre question, en racontant ses émissions sur l’astrologie : faut-il être fou pour être intéressant ?  Elle dit avoir fait une de ses meilleures émissions avec la fofolle James Birkin, et la plus plate et ennuyeuse avec un artiste équilibré, dont elle tait le nom.

 

On la suit aussi dans les studios. Sa passion, chercher la bonne tonalité d’une chanson. Elle qui ne sait pas sur quel pied danser dans sa vie de tous les jours, là on retrouve la fière Françoise qui sait ce qu’elle veut et ne transige pas. Parfois elle se trompe dans ses choix, et d’autres fois se retrouve, avec un petit chef-d’œuvre de chanson.

 

Je ne parle pas du style, parfois avec ses lourdeurs et ses transgressions, ce n’est pas de la grande littérature. Et je redis, elle tape trop sur Dutronc… Mais on lui pardonne, c’est Françoise Hardy la lunatique, et on l’aime comme elle est.

 

© J.F. Meslin

décembre 2008

Par J.F. meslin
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